Module de vie
CO₂ dans le moduleseuil
« Le CO₂ monte dans le module de vie et vient de passer le seuil. Je vous propose la procédure qui convient. »
AMAIA · CNES · Spatial
Dans le cadre du projet Spaceship FR du CNES, nous développons AMAIA, l’assistante d’un équipage coupé de la Terre. Nous la préparons dans un habitat spatial simulé, avec l’ambition qu’elle soit à bord pour un retour sur la Lune, puis un voyage vers Mars.
Module de vie
CO₂ dans le moduleseuil
« Le CO₂ monte dans le module de vie et vient de passer le seuil. Je vous propose la procédure qui convient. »
Réseau de la base
Équipage : « Baisse la lumière dans le module de vie et relance la ventilation. »
« C’est fait. »
Atelier · procédure
« Étape 3 sur 6 : coupez la ventilation du module, puis dites-moi quand c’est fait. »
Équipage : « C’est fait. »
Infirmerie · aide au diagnostic
critère écritvaleur relevée
« La valeur relevée dépasse le critère de la section 4. Voici le passage. »
Poste de mission
« Procédure terminée, voici le bilan. »
Bilan de procédure
Six étapes sur six réalisées. Filtre de ventilation remplacé et ventilation remise en marche. Aucune anomalie relevée.
Une onde radio voyage à la vitesse de la lumière. De la Terre à la Lune, un message met 1,3 seconde : le début d’une réponse arrive après 2,6 secondes. Vers Mars, l’aller seul prend de 3 à 22 minutes selon la position des deux planètes. Une conversation n’est alors plus possible, et une urgence se joue bien avant que le centre de contrôle ait reçu le premier mot.
00:00
Vitesse réelle
La question part de la Terre et voyage à la vitesse de la lumière.
Tous les 26 mois environ, le Soleil s’interpose entre la Terre et Mars. Les agences spatiales suspendent alors, pendant une quinzaine de jours, presque tout envoi de commandes vers leurs engins martiens.
Sur la Lune aussi, le contact peut se perdre. Au pôle Sud, où plusieurs agences veulent s’installer, la Terre passe sous l’horizon une partie du mois : pour garder le contact, il faut alors des relais.
Les fenêtres de départ vers Mars reviennent elles aussi tous les 26 mois environ : on ne peut pas compter sur un renfort la semaine suivante.
Nous faisons tourner AMAIA sur un ordinateur installé dans l’habitat, sans connexion à Internet. Procédures, relevés des capteurs et modèle qui comprend la parole : tout est sur place.
L’équipage lui parle, même lorsqu’il a les mains prises, ou lui écrit. AMAIA connaît l’état des équipements de la base et fait le lien entre ses briques techniques : capteurs de l’habitat, alertes, procédures, stocks, suivi médical et sorties extravéhiculaires. Elle guide l’équipage dans ses procédures, le prévient quand une mesure dérive, agit sur les équipements avec son accord et rédige le bilan à la fin. Elle continue à le faire quand la liaison avec la Terre tombe.
Un équipage qui part loin n’emporte ni son centre de contrôle, ni ses experts. Il emporte ce qu’ils savent.
AMAIA s’appelait d’abord AI4U. Lors de la mission martienne simulée MDRS 311, six membres d’équipage ont vécu avec elle pendant un mois dans le désert de l’Utah. Ils n’avaient pas Internet, et leur centre de support n’était joignable qu’une fois par jour. Des opérateurs l’ont ensuite essayée dans SPHERE, un dôme de simulation martienne.
Nous poursuivons aujourd’hui ces essais au sol. Ils nous apprennent à quel moment l’équipage a besoin d’AMAIA, comment il lui parle les mains prises, et ce qu’il attend d’elle quand personne d’autre ne peut répondre.
Nous voulons qu’au retour sur la Lune, puis sur la route de Mars, l’équipage ait à ses côtés une intelligence artificielle qui connaît ses procédures et son habitat, et qui lui répond quand la Terre n’est pas joignable.